Comment faire une BD ?
Les auteurs des Dinosaures en BD vous expliquent les différentes étapes de création de leurs histoires et vous donnent leurs astuces ! Pour les enfants souhaitant réaliser une petite BD, nous avons réalisé un autre guide : Projet pour les enfants : faire une BD.
Étape 1 : recherche documentaire… et inspiration
Arnaud Plumeri explique : « Pour ma part, l’histoire est là avant les personnages. Je peux avoir envie de raconter des choses différentes : de la science, de la fiction, de la vie quotidienne. Et cela me donne ensuite des pistes pour les personnages, leur histoire et leurs caractères. En particulier, je peux avoir envie de parler d’un dinosaure en particulier. Je vais vous donner l’exemple du Maiasaura. »
Le Maiasaura est un dinosaure herbivore qui a vécu en Amérique du Nord au Crétacé supérieur. Son nom signifie « bonne mère lézard », car on a découvert des nids, des œufs et des petits de cette espèce. Les paléontologues en ont déduit que les Maiasauras prenaient soin de leurs petits pendant un certain temps après l’éclosion, une découverte révolutionnaire à l’époque qui a changé notre perception des dinosaures.
Arnaud ajoute : « Une fois cette envie et cette base d’histoire posée, alors la recherche documentaire est essentielle pour moi. Elle me permet de découvrir les particularités du dinosaure. »
Étape 2 : l'écriture du scénario
Arnaud Plumeri poursuit : « Une fois les particularités du dinosaure définies, j’ai une idée plus précise de la situation que je vais mettre en scène. La plupart des gags des Dinosaures en BD sont réalisés sur 4 bandes. J’écris une petite description de chaque case, avec les dialogues, et bien sûr, une chute en 4ème bande. »
Il ajoute : « Pour cela, il faut trouver le ton juste. L’humour fonctionne bien sur les 4 bandes, mais il peut aussi y avoir de la poésie, de l’émerveillement. C’est un travail difficile : le scénario est l’étape la plus longue pour moi. Trouver l’idée, le bon texte, les bons dialogues… »
Étape 3 : les crayonnés, premiers dessins de Bloz
Une fois qu'Arnaud Plumeri a finalisé le scénario, c'est au tour de Bloz de prendre les rênes. C'est lui qui transforme les mots et les dialogues en images concrètes grâce à ses crayonnés. Bloz ne se contente pas d'illustrer fidèlement le texte ; il s'approprie l'histoire en y ajoutant sa touche personnelle, son style graphique et son sens de la mise en scène. Chaque esquisse est une occasion d'insuffler de l'humour, de l'émotion ou du dynamisme, préparant ainsi les planches visuelles pour les étapes d'encrage et de couleur.
Étape 4 : l'encrage
Après les crayonnés de Bloz, l'étape suivante est celle de l'encrage. C'est à ce moment que les contours des personnages et des décors sont tracés avec précision, donnant vie aux esquisses et définissant le style visuel final de la bande dessinée. Bloz utilise différents outils pour varier l'épaisseur des traits, créer des textures et ajouter de la profondeur aux illustrations, préparant ainsi la planche pour la mise en couleur.
Ce travail minutieux est essentiel car il solidifie l'expression des personnages et le dynamisme des scènes imaginées par Arnaud Plumeri. Arnaud, de son côté, vérifie chaque planche encrée. Cette étape lui permet de s'assurer que l'encrage respecte l'intention du scénario, que les expressions des personnages sont fidèles à l'émotion souhaitée et que la lisibilité de l'histoire est optimale avant de passer à la couleur.
Étape 5 : mise en couleur
Maëla Cosson, la coloriste, entre en scène. Elle commence par numériser les planches encrées. Une fois les dessins importés sur ordinateur, l'étape suivante consiste à poser les "aplats de couleur". Il s'agit des couleurs de base, sans ombres ni lumières, qui définissent chaque élément : le corps des dinosaures, leurs vêtements, les roches, la végétation, le ciel, etc.
Après les aplats, Maëla s'attaque aux détails. Elle ajoute des textures pour donner du relief à la peau des dinosaures, aux écailles, aux plumes ou aux surfaces rocheuses. C'est également à ce moment qu'elle travaille sur les expressions des personnages, en ajoutant des nuances qui soulignent l'émotion ou le mouvement. Les décors sont ensuite enrichis avec des palettes de couleurs spécifiques qui contribuent à l'ambiance de la scène.
La lumière et les ombres sont les éléments qui donnent de la profondeur et du volume à l'ensemble. Maëla détermine la source de lumière pour chaque case et applique les ombres et les reflets en conséquence, créant ainsi des contrastes et des atmosphères variées. Enfin, elle procède aux dernières finitions, ajustant les couleurs, les niveaux et les effets pour que chaque planche soit parfaite et rende au mieux l'esprit du scénario d'Arnaud Plumeri et les crayonnés de Bloz.
Étape 6 : finalisation
Pour cette dernière étape, le graphiste prend le relais. Il place tous les textes dans les bulles de dialogue, s'assure de la bonne intégration visuelle de chaque élément et prépare méticuleusement les fichiers pour l'impression. C'est un travail qui demande précision et rigueur, car ce processus doit être répété 44 fois par album avant que la bande dessinée ne prenne vie sur papier.
Bonus graphique : les effets de matière
Pour créer des textures sur la peau des dinosaures, Bloz utilise une technique particulière avec le scotch repositionnable et l'encre de Chine. Ce processus lui permet d'obtenir des effets de matière uniques, donnant un aspect réaliste et texturé aux illustrations des dinosaures.